Interview de Charles Antoni

En cadeau : le CD de l’émission Plus près des Etoiles de JC Carton offert pour l’achat du livre Vis ta vie

Vis ta vie, de Charles Antoni

lundi 15 décembre 2008

« Vis ta vie » propose une déconstruction de nos habitudes et de nos croyances pour mieux se reconstruire à partir de l’essentiel. À travers son expérience personnelle et l’enseignement qu’il en tire, l’auteur incite chacun à imaginer son propre projet de vie dans le respect de soi et la quête absolue de la liberté.

Le message de Charles Antoni est porté par une prose véhémente et des images fortes d’authenticité et d’émotions. Le lecteur ne doit pas s’attendre à se faire caresser dans le sens du poil, ce texte ne fait aucune concession à nos malaises sociétaux, ni à nos petites turpitudes ordinaires. Il fustige allègrement la paresse, l’oubli, la prise de tête niveau zéro, la lâcheté et la tendance à se fondre dans la masse indifférenciée et mondialisée d’un monde à la dérive.

Mais, par delà cette constante interpellation pointe un autre message, celui d’une volonté et d’une absolue confiance en la vie pourvu qu’on sache faire l’effort de se l’approprier et d’être pleinement acteur de son destin.

(Extrait) Le jeu

La vie est jeu. Tout n’est que jeu. Si nous n’admettons pas cela, notre vie peut devenir un véritable calvaire. Mais comment l’accepter lorsque des drames journaliers nous affectent de près ou de loin ?

Il peut paraître un peu cynique de penser ainsi, mais c’est une vérité implacable. Il suffit de regarder le cours de l’histoire pour n’y voir que drames, guerres, épidémies, et que malgré tout cela le monde continue de tourner. Chacun y va de son bon coeur pour tenter de changer le cours des évènements, et cela dure depuis des siècles. Curieusement rien n’y fait, rien ne change, nous ne faisons que nous en accommoder. Tout le monde se prend au sérieux et c’est sans doute la raison de tous les conflits. Chacun reste sur sa position : l’un se bat pour la démocratie, l’autre pour sauver la planète, un autre encore pour aider les hommes. Tous y vont de leurs bons sentiments. L’histoire continue, les drames sont toujours là.

Tant qu’une autre perspective n’affleurera pas à la surface, rien ne pourra véritablement changer. Chacun croit en ce qu’il fait, pense, ressent. Alors que réellement nous sommes agis, pensés et ressentis. Le jour où cela est compris, la vie devient une véritable danse. Le bonheur peut-il exister sans le malheur, la lumière sans les ténèbres, la vie sans la mort ? Beaucoup parlent de complémentaires qui ne peuvent être séparés, mais rares sont ceux qui les acceptent. Il suffit de lire la Baghavad-Gîta pour comprendre ce concept. Tout n’est que jeu. Tout n’est qu’illusion. Lorsque cette perception se fait jour, le spectacle commence. C’est tout à fait fabuleux. Tout devient prétexte à jeu, même les choses qui nous semblent les plus dramatiques. Rien ne dure. Le changement est perpétuel, bonheur, malheur, bonheur, malheur, à l’infini. C’est un cycle infernal.

Et si le théâtre a encore un sens, c’est bien celui-là : la pièce doit se jouer. Jouons-la à fond, mais tout en sachant qu’elle est limitée dans le temps, qu’elle possède un début et une fin. Tel un acteur qui sort de scène, sans être affecté par tout ce qu’il a pu vivre, conscient qu’il ne s’agit que d’un énorme spectacle.

Dans quel but ? A chacun d’y répondre. C’est la raison pour laquelle dans le Mahabaratha, qui signifie « le grand théâtre », le seigneur Krishna ordonne à Arjuna d’aller au combat, et par conséquent de tuer ses cousins. On pourrait intituler cela « l’art de la guerre », d’où cette notion de héros, typique du Moyen-Age et que l’on retrouve dans de nombreuses traditions, comme dans la Chine ancienne. Cette notion du « guerrier » n’a aucun rapport avec des actes militaires effectués de manière conditionnée, et dépourvus de sens. Le véritable guerrier se bat aussi contre la notion d’héroïsme, notion inculquée, qui consiste à aller tuer des gens en pensant bien faire. Tout cela n’est qu’esclavage. La vie se vide et se remplit telle une scène de théâtre où il est possible de jouer les drames de Shakespeare aussi bien que les comédies de Molière, jusqu’à ce qu’arrive ce moment où la scène recouvre son état initial d’espace vide. Le spectacle qui s’offrait à nos yeux quelques instants auparavant n’était qu’une illusion, un instant éphémère, avec un début et une fin.

Nous sommes toujours en quête de remplissage de cet espace vide. Nous ne voulons pas le voir, mais en réalité rien ne s’est passé. Malgré tous ces drames, nous rentrons chez nous, sans être affecté par tout ce qui a pu survenir pendant cet espace-temps. Rien n’est permanent. La vie peut devenir un jeu extraordinaire auquel nous nous livrons à fond, tels des enfants, mais tout en sachant sans l’ombre d’un doute, qu’il ne s’agit que du grand spectacle de la vie.


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