Rencontre aux Editions L’Originel

Rencontre-Dédicace de André Moreau

à Paris le 4 décembre 2009 à 19 h

vendredi 6 novembre 2009

ANDRE MOREAU L’IRREVERENCIEUX

par François Brooks

Il se définit comme immanentiste, moniste et auto-égocratique. Mais qu’est-ce à dire ?

Je le vois un peu comme un père qui, au lieu de gronder ses enfants pour qu’ils se tiennent tranquilles, leur administre des coups de pieds au cul parce qu’ils ne sont pas en train de jouir. Il n’a, face à notre société, brandi qu’une seule grande question : " Mais qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ? "

La voie qu’il propose est troublante : La sacralisation " joyeuse " de la jouissance. Comment peut-on penser le sacré de façon légère et jouissive ? Nos institutions religieuses nous ont tant rabâché les oreilles avec une perspective autoritaire, morne et triste du sacré, qu’on a le réflexe de ne le concevoir que sous un aspect sérieux. Et si Moreau avait raison !? Si le sacré pouvait être joyeux... Même que son analyse semble être évidente : Si le sacré doit apporter l’exultation, est-ce que ce sentiment doit être accueilli avec sérieux et gravité ? Bien sûr que non ! Nous dit Moreau.

Le sexe, c’est son cheval de bataille. Il ne nous propose pas des thérapies en consultations coûteuses, non plus que de travailler d’arrache-pied pour gagner de l’argent et nous acheter tel ou tel gadget coûteux. Il nous dit simplement : " Déshabillez-vous, partagez l’orgasme et vous aurez ensuite un rapport au monde extatique, immédiat et gratuit ". Ici, il touche un tabou profond de notre société. Et ce tabou n’est pas tant la crudité d’un rapport sexuel fortuit (on ne ferait pas l’amour comme ça, de but en blanc, spontanément, avec le premier venu) que " l’impossibilité " de concevoir un accès aussi facile et gratuit à l’extase. Face au plaisir, il nous demande d’être inconditionnels. Et ça, ça dérange. Ne nous a-t-on pas appris, depuis toujours, que sous les apparences du bonheur, le plaisir cachait souvent la tristesse, et parfois le drame ? C’est comme si, pour Moreau, la vie ne comportait que deux modes : non pas le bonheur et le malheur, mais plutôt la jouissance et le repos. Il nous propose rien de moins que le paradis sans plus attendre, le paradis terrestre, le paradis perdu, aujourd’hui, maintenant.

Bon, voilà pour l’aspect accrocheur du philosophe. Mais André Moreau, C’est beaucoup plus que ça, c’est considérablement plus que ça. André Moreau, c’est une connaissance profonde de nos philosophes occidentaux. Il peut aussi bien vous parler de Platon, Thomas d’Aquin, Descartes, Nietzsche ou Sartre. Aucun aspect de la pensée ne le rebute. Le Dieu des Juifs fait tout aussi bien partie de son univers que celui de Leibniz ou celui des rites Vaudou. Il est à l’aise dans la spiritualité comme un poisson dans l’eau. C’est un communicateur hors-pair. Il sait enseigner avec brio.


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