Alchimie interne taoiste

L’ART DE DECAPITER LE DRAGON ROUGE

Pour les femmes

samedi 7 janvier 2017 par herve

En partant de la considération que si la perte de l’essence séminale était une perte d’énergie pour l’homme, c’était la perte de sang menstruel qui faisait perdre son énergie à la femme. Les Taoïstes ont donc mis au point des techniques physico spirituelles pour diminuer, voire même arrêter les menstrues chez la femme. C’est cela que les Taoïstes nomment "l’art de décapiter le Dragon Rouge".

Depuis des millénaires :

Les Taoistes ont cherché à atteindre l’Immortalité et la Longévité. Pour ce faire, ils ont commencé par confectionner des élixirs alchimiques à base de végétaux, de minéraux et d’animaux. Certains de ces élixirs existent encore de nos jours et sont utilisés en Médecine Traditionnelle Chinoise. Certains de ceux-ci contiennent des métaux qui peuvent paraitre dangereux, comme par exemple le mercure, le plomb, le cinabre (sulfure de mercure), le réalgar (sulfure naturel de l’arsenic), l’orpiment (sulfate d’arsenic), la malachite (carbonate hydraté de cuivre), le salpêtre (nitrate), etc.

C’est sur les bases de l’Alchimie externe, dite opérative, que les Sages Taoistes ont établi celles de l’Alchimie interne, le Nei-Tan. En reprenant la théorie opérative de l’Alchimie opérative qui se pratique dans un laboratoire équipé d’un athanor, le fameux fourneau nécessaire aux transmutations de la matière, le Sage se sert, dans le Nei-Tan, de son propre corps comme d’un laboratoire. C’est donc à l’intérieur de lui-même qu’il va installer son athanor, son alambic et ses vaisseaux. C’est aussi à l’intérieur de lui-même qu’il va trouver les ingrédients nécessaires, mercure, plomb, cinabre et autres minerais. C’est par un processus mental et de prise de conscience de la circulation des souffles et des énergies à l’intérieur de lui-même qu’il va mettre en route les transmutations de ces souffles et énergies afin d’obtenir le résultat espéré, la transformation du plomb en or. C’est une véritable transformation interne qui petit à petit va s’opérer à l’intérieur du pratiquant ; transformation qui s’effectue sur trois plans, le plan physique, le plan énergétique et le plan spirituel. En réalité il existe un quatrième plan, supérieur aux trois premiers, la réalisation du Tao ou le retour à l’énergie primordiale, mais ce plan ne peut être réalisé que par peu de personnes et après un très long travail sur les trois plans de base.

C’est à un certain stade avancé du travail intérieur que l’adepte prend conscience de la mise en route de la Femelle Mystérieuse*. La mise en fonction de cette Femelle Mystérieuse permet à l’adepte de se mettre en communication avec l’Univers et ainsi de retrouver son essence même et donc de quitter le monde des illusions qui nous entraine perpétuellement dans un cycle infernal de vies et de renaissances, cycle représenté par le fameux Tai-Ji, le cycle d’engendrement perpétuel du Yang et du Yin. Ce cycle correspond au samsara des Bouddhistes. L’une des bases fondamentales de l’Alchimie interne taoiste, est pour les hommes, la rétention spermatique. En effet, les Taoistes ont toujours considéré que le fait d’éjaculer était une perte importante d’énergie pour l’organisme et que de ce fait chaque éjaculation raccourcissait la vie. Au contraire, les hommes qui pratiquaient l’art du Tao Sexuel en évitant au maximum de perdre leur semence lors de l’acte sexuel, voyaient leur vie se prolonger* . Outre cette longévité, l’Alchimie interne permet de transmuter l’énergie contenue dans le sperme en énergie vitale et en énergie spirituelle pour atteindre la fameuse Immortalitée tant recherchée par les sages Taoistes.

Techniques destinées aux femmes :

Si l’Alchimie interne était au début réservée aux hommes, des techniques destinées aux femmes firent bien vite leur apparition. Ceci en partant de la considération que si la perte de l’essence séminale était une perte d’énergie pour l’homme, c’était la perte de sang menstruel qui faisait perdre son énergie à la femme. Les Taoistes ont donc mis au point des techniques physico spirituelles pour diminuer, voire même arréter les menstrues chez la femme. C’est cela que les Taoistes nomment l’art de décapiter le Dragon Rouge . Ainsi par la pratique de ces techniques alchimiques, les femmes pouvaient prétendre, elles aussi, atteindre la Longévitéé et l’Immortalitée jusqu’alors réservées aux hommes.

Outre la recherche de la Longévitée et de l’Immortalitée, les techniques que nous allons exposer sont utiles chez la femme pour son équilibre hormonal aux différentes étapes de sa vie, au moment de la puberté, tout au long de sa vie de femme adulte, au moment de la pré ménopause, de la ménopause et après la ménopause, ainsi que pendant la grossesse pour le bon développement du foetus. Historique de l’Alchimie interne taoiste.

L’Alchimie opératoire chinoise (Wei-Tan) ressemble dans ses grandes lignes à sa soeur occidentale. Le Grand oeuvre alchimique est de nature spirituelle. Sa Pierre Philosophale ou Elixir d’Immortalitée est soit l’or soit le cinabre qui représentent, tous deux, l’aboutissement d’une longue transformation vers un état parfait et achevé. L’or recherché est l’or alchimique, celui fabriqué par l’alchimiste lui-même et non pas l’or naturel issu de la terre. Alors qu’il faut une longue maturation et une lente métamorphose au sein de la terre pour faire de l’or naturel à l’image du macrocosme, la transmutation de l’or alchimique fabriqué par l’homme est relativement plus rapide, à l’image du microcosme. L’alchimiste se place ainsi en tant que représentation miniature de l’Univers, en acquérant donc toutes les qualités. De même, le processus de formation du cinabre dans la nature, par transformation du mercure fluide uni au plomb, dure quatre mille trois cent vingt ans, mais est réduit à une année en ce qui concerne le cinabre alchimique formé par l’alchimiste. On peut aussi dire que l’athanor est la représentation du monde en miniature, représenté souvent sous la forme de l’oeuf cosmique avec ses trois étages représentant les trois niveaux de l’Univers - le Ciel, l’Homme et la Terre. Il se doit d’être clos de manière très hermétique afin d’être coupé du monde extérieur pour que rien ne vienne polluer les transmutations métalliques, tout comme le pratiquant du Nei-Tan doit se concentrer intérieurement lors de sa méditation pour ne pas être perturbé par les influences du monde extérieur. Les ingrédients utilisés pour composer les élixirs sont souvent choisis en fonction de leur symbolique cosmique, par exemple l’or est utilisé pour sa représentation du soleil, le principe mâle, et le mercure comme représentation de la lune, le principe femelle. Le choix se fait aussi en fonction de la dynamique désirée pour l’élixir, c’est alors la loi des cinq éléments ou cinq agents qui président au choix ; par exemple, on dit que le plomb contient le germe jaune (Huangse he) parce que le Métal contient la Terre dont il a reçu le souffle , car selon la loi d’engendrement des cinq éléments, la Terre engendre le Métal, donc le fils contient le souffle de la mère. La transmutation alchimique elle-même suit la loi d’engendrement du Yang et du Yin, à savoir qu’une plénitude d’un des deux principes engendre inévitablement l’apparition de l’autre principe ; l’alchimiste va donc mener l’un des composants à sa concentration maximum pour que la transmutation en l’autre s’opère.

Les rites sexuels dits Rites de passage :

Certains courants Taoistes mettaient l’accent sur les relations sexuelles dans la pratique de l’Alchimie interne. Préconisant l’union des souffles Yin et Yang en soi et hors de soi. Notamment un courant dit Voie des Maîtres célestes de Zhang Dao-Ling insiste sur l’importance des échanges entre l’énergie Yin féminine et l’énergie Yang masculine. Dans ce courant, les pratiques sexuelles jouaient donc un rôle très important. Les adeptes de cette Voie respectaient des régles morales strictes et pratiquaient les techniques alchimiques internes en utilisant les relations sexuelles d’une manière bien codifiée comme base pour la réalisation du Grand oeuvre. Dans cette communauté, les femmes jouaient un rôle primordial dans les pratiques du Nei-Tan, où elles étaient des partenaires indispensables pour les rites sexuels dits Rites de passage (Guo Du) où l’on pratiquait l’union des souffles (He Qi). Ces rites avaient lieu au cours de cérémonies spéciales, pendant lesquelles les énergies féminines (souffles rouges) et les énergies masculines (souffles jaunes) étaient unies afin de trouver une harmonie totale entre elles, permettant ensuite de retrouver l’énergie cosmique primordiale et se mettre ainsi en accord avec les forces universelles. Ces cérémonies étaient dirigées par un Maître instructeur qui dirigeait les couples adeptes, au sein d’une aire sacrée, pour la pratique de l’union du Yin et du Yang devant aboutir à la réalisation du Grand oeuvre.

Ceci laisse à penser que déjà à l’époque des Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J-C.) les femmes pratiquaient l’Alchimie interne. Toutefois, nous devons mettre en garde les femmes qui voudraient pratiquer l’Alchimie interne taoiste que certaines des techniques avancées (notamment les techniques qui ménent à la haute spiritualité), touchant les sphères psychiques de l’individu, ne sont pas sans répercutions sur l’organisme, tant sur le plan psychique que sur le plan somatique. De ce fait, il est conseillé de pratiquer, tout au moins au début, avec le suivi d’un Maître.

Par Jean-Pierre Krasensky, Edition L’Originel-Charles Antoni, www.loriginel.com

Pour aller plus loin : L’ART DE DECAPITER LE DRAGON ROUGE, Alchimie interne taoiste pour les femmes Par Jean-Pierre Krasensky, Edition L’Originel-Charles Antoni, www.loriginel.com Tél. O6 95 12 51 34

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