Le livre de l’Intranquilité. Adaptation Théâtre au Présent

Fernando Pessoa au Festival d’Avignon 7 - 17 juillet

Les bananes à vendre sous le soleil étaient d’un jaune éclatant

vendredi 30 juin 2006 par Claire Mercier

Je suis parvenu subitement aujourd’hui, à une impression absurde et juste. Je me suis rendu compte, en un éclair, que je ne suis personne... Je suis les faubourgs d’une ville qui n’existe pas, le commentaire prolixe d’un livre que nul n’a jamais écrit. Je ne suis personne, personne. Je suis le personnage d’un roman qui reste à écrire, et je flotte, aérien (...)

Fernando Pessoa

Le Livre de l’Intranquilité

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Théàtre au présent

"Plusieurs figures hantent comme des absents fébriles les pages incertaines de ce carnet de voyage immobile, l’employé de bureau chroniqueur des petits riens, le promeneur somnambulique et rêveur, l’amoureux irréel... et d’autres plus littéraires ou philosophiques. On a voulu, dans le choix des textes (on ne peut pas mettre en scène le livre dans sa totalité) suivre certains d’entre eux à la trace, à l’écoute de la petite musique intime de l’oeuvre, de ce refrain entêtant et mystérieux sans cesse repris au fil des pages."

"Cette personne qui s’absente dans le personnage de Soares, et ce personnage qui n’est jamais personne, mais toujours pluriel, nous allons tenter des les faire incarner par deux comédiens. Dans une forme théâtrale comme un work in progress, sans cesse à reprendre."

Yves Gourmelon.

Quel roman que cette vie où il ne se passe rien !
Pendant trente ans, de son adolescence à sa mort, Pessoa ne quitte pas sa ville de Lisbonne, où il mène l’existence obscure d’un employé de bureau.
Mais le 8 mars 1914 le poète de vingt-cinq ans, introverti, idéaliste, anxieux, voit surgir en lui son double antithétique, le maître "païen" Alberto Caeiro, suivi de deux disciples : Ricardo Reis, stoïcien épicurien, et Alvaro de Campos, qui se dit "sensationniste" .
Un modeste gratte-papier, Bernardo Soares, dans une prose somptueuse, tient le journal de son intranquillité, tandis que Fernando Pessoa lui-même, utilisant le portugais ou l’anglais, explore toutes sortes d’autres voies, de l’érotisme à l’ésotérisme, du lyrisme critique au nationalisme mystique.
Imaginons qu’à la même époque Valéry, Claudel, Cocteau, Gide et Apollinaire aient été un seul et même auteur, caché sous des "masques" différents : on aura une idée du mystère de cette aventure mentale dont il n’y a pas d’autres exemple dans la littérature.
Pessoa, incompris de son vivant, entassait ses manuscrits dans une malle où l’on a pas cessé de puiser, depuis sa mort en 1935, les fragments d’une œuvre informe, inachevée, mais d’une incomparable beauté.
Enfin reconnu dans son pays et, de plus en plus, dans le monde, il repose aujourd’hui dans le monastère des Jeronimos près des tombeaux des deux autres héros de l’histoire portugaise, Camoes et Vasco de Gama."

Robert Bréchon, Etrange étranger, Ch. Bourgois éditeur, 1996.

L’" intranquillité ", qui est le fil conducteur de son Livre, c’est cette " fermentation " mentale que provoque le " pourrissement " du temps vécu.... C’est l’impossibilité de trouver le repos, la paix de l’âme, le confort intellectuel ou spirituel ; l’impossiblité de s’ancrer à soi et au monde, de trouver un lieu et une formule, d’accorder son propre rythme au rythme des jours. Le modèle d’une telle expérience, c’est l’insomnie : comme Antonio Tabucchi l’a bien vu, l’œuvre de Soarés (Pessoa) est une sorte de livre de l’insomnie. Il y a, tout au long des centaines de pages, comme une paresseuse impatience, une torpeur fébrile. On pourrait s’attendre à ce que cette sécheresse d’âme s’exprime en un style également sec ; mais non : le livre n’est pas un carnet de notes, un décalque de tous les jours mal vécus ; c’est un barrage contre le vain écoulement du temps. Cette prose somptueuse, c’est la vie transfigurée, étoffée, enrichie et, d’une certaine manière, sauvée.

Dans un poème de 1932, Pessoa écrit : " Je suis une anthologie ". Imaginons que dans les années 1910-1920 Valéry, Cocteau, Cendrars, Apollinaire et Larbaud aient été un seul et même homme, caché sous plusieurs " masques " : on aura une idée de l’aventure vécue à la même époque au Portugal par celui qui a écrit à lui tout seul les œuvres d’au moins cinq " écrivains de génie " (...)

Robert Bréchon

Pour se procurer les Dossiers sur Pessoa et le Portugal :
Visionnaire du Temps Présent
L’âme secrète du Portugal

Réservations :
Cie THEATRE AU PRESENT 1 bis rue Arnaud de Villeneuve

theatreaupresent@free.fr

Le Théâtre au Présent

artistique : Yves GOURMELON tel : 06 13 10 20 44

administration, billetterie, presse : Maria TERCJAK tel : 04 67 55 23 07 / 06 21 29 12 08 fax : 04 67 04 44 29


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