Nouveauté : Le secret de l’éveil, de Eli Jaxon-Bear

La sagesse du mois, sur MeditationFrance

La transmission de Poonjaji

dimanche 1er décembre 2013 par Claire Mercier

Le secret de l'éveil - PoonjaOn en parle sur MeditationFrance

Extrait de l’ouvrage :

Le secret de l’éveil, la transmission de Poonjaji, Eli Jaxon-Bear

Sri Harilal W. Poonja, appelé par ses proches Papaji, est né le 13 octobre 1910 à Gujranwala, en Inde. Il passa son enfance à Lyallpur (aujourd’hui appelée Faisalabad), située dans la partie ouest du Punjab et intégrée plus tard au Pakistan. Sa mère était la sœur du célèbre sage et poète Swami Ram Tirtha, dont la poésie puisait son inspiration dans la non-dualité, promesse de l’Advaita hindouiste. Les rythmes de sa poésie, sa lucidité, son amour de la nature trouvent un remarquable écho dans l’Éveil de son neveu Poonja. En 1906, Ram Tirtha se retira dans les contreforts de l’Himalaya et en octobre de cette même année, à l’âge de trente-quatre ans, il entra dans le Gange pour n’en jamais revenir. Sri Poonjaji naissait en octobre, quatre ans plus tard. Bien des visiteurs du temple de Rishikesh sont frappés par la ressemblance du jeune Poonja avec le portrait mural de Ram Tirtha.

Enfant, Poonjaji découvrit la vie de Bouddha lors d’une émission de radio et en fut si inspiré qu’il décida de le surpasser, sans savoir vraiment ce que cela impliquait.

A la même époque, il trouva une image d’un Bouddha ascétique et anguleux qui l’impressionna si profondément qu’il décida de donner en secret ses repas aux animaux, et en devint aussi maigre que ce Bouddha. Parfois, il s’habillait en sadhu et marchait à travers la ville en prêchant, un bol de mendiant à la main. Il était si heureux et si fier, lorsque ses amis d’école l’interpellaient sur sa maigreur en se moquant de lui ! Son père au contraire s’inquiétait de son état de santé et le mena chez le médecin pour le remettre sur pied. Il apprit le catch au collège, puis s’astreignit à la pratique du yoga. Pendant une année, il ne but que du lait de buffle. Poonjaji fit l’expérience de son premier samadhi profond à l’âge de neuf ans.

C’était la fin de la première guerre mondiale, et pour célébrer la victoire des Anglais, les écoliers furent mis en congé. Un après-midi, au restaurant avec sa famille, on lui offrit un jus de mangue, mais il ne réagit pas. Il était profondément absorbé intérieurement, inconscient de son environnement. Quand il reprit une conscience « normale », sa mère lui demanda pourquoi il avait ri et pleuré toute la nuit. Il ne pouvait répondre. Aurait-il vu Krishna ? Il n’avait rien vu qui pût être nommé et ne pouvait exprimer son expérience.

Sous la forte influence de sa mère, il devint un dévot de Krishna. Bien après sa rencontre avec son Maître en 1942, il continuait une pratique assidue des mantras.

À l’âge de vingt ans, son mariage fut arrangé, puis il entra dans l’armée comme officier. Un jour, l’un de ses supérieurs exigea qu’on le rationne en whisky, mais on lui affirma qu’il ne buvait jamais d’alcool. Il se levait à deux heures du matin, récitait ses mantras et implorait une visite de Krishna ; cette ferveur avait été prise pour de l’ivresse. Il en rira plus tard en rappelant qu’il portait parfois des vêtements de femme pour leurrer Krishna, réputé s’entourer de la compagnie de jeunes femmes. Officier brillant et prometteur, il ne put cependant poursuivre sa carrière. Une exigence intérieure de plus en plus grande lui fit abandonner sa profession. Il amena sa famille chez son père, lui demanda son soutien et partit seul vers sa quête spirituelle.

Il parcourut l’Inde et les Himalayas, visitant saints, monastères et ashrams, cherchant Dieu partout. Il était prêt à donner tout ce qu’il avait à celui qui pourrait lui montrer Dieu. Mais partout il ne rencontrait que des « hommes d’affaires déguisés en sadhus. »

Il n’avait plus d’argent et vivait chez son père avec sa femme et ses deux enfants quand il fut appelé par son Maître. L’histoire de sa rencontre avec Ramana Maharshi, racontée dans ce livre, est célèbre. C’est sous la forme d’un sadhu qu’apparut à sa porte le grand Bhagavan Shri Ramana Maharshi, qui le dirigea vers Tiruvannamalai. C’est là, au pied de son Maître, en 1944, que sa quête prit fin. Poonjaji travailla à Madras les cinq années suivantes pour passer tout son temps libre auprès de Ramana. En 1947, quelqu’un informa le Maharshi que Poonjaji avait de la famille dans la partie musulmane du Punjab. Bhagavan l’envoya la sauver du massacre qui sévissait dans cette partie de l’Inde, mais Poonjaji ne voulut pas partir. « Tout ceci est un rêve, dit-il à son maître. Je ne veux pas vous quitter ! ? Si c’est un rêve, répondit le Maharshi, où peut être le mal ? Je ne te quitterai jamais. »

Cette vérité fut clairement démontrée peu de temps après. Alors qu’il s’apprêtait à monter dans le train qui partait de Lahore pour Faisalabad, Poonjaji se sentit guidé par Ramana. Au lieu de s’asseoir dans la voiture réservée aux hindous, et sans pouvoir se l’expliquer, il s’installa dans celle des musulmans. Peu de temps après le départ, les musulmans stoppèrent le train et massacrèrent tous les hindous sous ses yeux. Pendant tout le trajet, il s’efforça de cacher les signes qui caractérisent le brahmane, tatouage OM sur la main, oreilles percées… Vingt heures de voyage où il ne se fit à aucun moment remarquer.

La situation était très mauvaise lorsqu’il arriva à Faisalabad ; partout, les rues étaient en proie aux émeutes. Il parvint à trouver trente-cinq membres de sa famille et les mit dans le dernier train en partance. Les rails furent arrachés juste après le départ. Il installa les siens à Lucknow, grâce à l’aide d’un officier de l’armée qu’il y connaissait. C’est là que sa famille a toujours vécu ensuite. (Surprenant, car c’est le lieu où se tient depuis toujours le Ram Tirtha Pratisthan – l’Institution pour la Publication des Ouvrages de Ram Tirtha).

Alors qu’il travaillait à Lucknow pour subvenir aux besoins de sa femme et de ses enfants, la vie de famille lui devenait insupportable. Quelques années plus tard, il laissa les siens à Lucknow et repartit dans le Sud. Il y trouva un travail d’ingénieur des mines dans la jungle de Mangalore. Bien qu’il fût responsable du travail de centaines d’hommes, il vivait dans une simple hutte dans la forêt. Il visitait l’ashram de Ramana et recevait de temps en temps la visite d’un chercheur spirituel. Le juge de la cour suprême indienne entendit parler d’un sadhu « ivre de Dieu » qui vivait dans la jungle et vint le rencontrer. Il s’attendait à voir un homme à demi nu et fut surpris de voir descendre d’une jeep Poonjaji en bottes et veste de cuir. Mais un seul regard de Poonjaji lui suffit pour être profondément touché. C’est à cette époque que Poonjaji rencontra Abhishiktananda (le prêtre catholique Henri Le Saux).

Lors d’une célébration de Guru Purnima, Poonjaji vêtu de ses vêtements de travail tachés et boueux, s’arrêta chez des habitants d’un village qu’il traversait pour demander de l’aide. Il fut invité à entrer et fut traité comme un grand guru. Les habitants construisirent par la suite une hutte pour lui dans l’espoir qu’il revienne au village. Son hôtesse, toujours en vie à ce jour, se présente comme l’un des premiers disciples de Poonjaji. Ses enfants, dans leur quarantaine maintenant, sont aussi ses disciples.

Dès que ses enfants furent éduqués et mariés, Poonjaji se retira définitivement de la vie active. En 1996, il commença à voyager à travers l’Inde, partageant la Réalisation. Il vécut dans une grotte sur les bords du Gange, préparant sa nourriture au feu de bois et mangeant à même un rocher plat.

Pendant le Kumbh Mela, un immense festival religieux qui a lieu une fois tous les douze ans, des millions d’hommes et de femmes se baignent dans le Gange et y reçoivent son darshan. Lors d’un Maha Kumbh Mela, qui se fête après douze Kumbas (cent quarante-quatre ans), Poonjaji eut une vision remarquable. Plus haut sur la rive, il aperçut une très belle jeune fille qui venait vers lui. Elle avait des yeux qu’il n’avait jamais vus chez un être humain auparavant. Il lui demanda où étaient ses parents, mais elle répondit qu’elle venait pour recevoir son darshan. Elle se prosterna à ses pieds, s’avança dans le fleuve et disparut. Il réalisa alors qu’il venait de rencontrer Ganga, l’Esprit du fleuve.

Un jour, Poonjaji partit à la recherche de rishis, cachés dans les fins fonds des Himalayas. Ils avaient la réputation d’être immortels et mangeurs de soma. Durant son séjour dans les montagnes, il rencontra un siddha yogi du Cachemire, avec qui il accepta de partager ce qu’ils avaient chacun réalisé. Le yogi entreprit de lui montrer ses pouvoirs : il avait reçu de Yama, le seigneur de la mort, le bâton de l’immortalité. Tant qu’il aurait ce bâton, il ne mourrait pas. En invoquant la déesse Sarasvatî, il pouvait parler des langues qu’il n’avait jamais apprises... Poonjaji, qui connaissait le perse, l’anglais, le tamil et d’autres langues du Sud de l’Inde se mit à le tester. Le yogi lui dit que son maître lui avait transmis tout ce qu’il savait, mais que celui-ci, sur son lit de mort, lui avait appris que ce n’était pas la connaissance ultime et l’avait envoyé la chercher. Finalement, le yogi demanda s’il pouvait l’aider à découvrir la Connaissance. Poonjaji accepta, prit le bâton et le jeta dans le Gange. « Maintenant, ce corps vivra et mourra comme tout le monde ! Tout ce que vous m’avez montré n’est que création du mental – les mantras, l’apparition des dieux et tous ces pouvoirs magiques – tout cela vient du mental. Maintenant, arrêtez ce mental... »

Poonjaji regarda l’homme dans les yeux : « Maintenant, essayez d’invoquer vos dieux et voyez ce qui se passe. » Mais rien ne se passait, le yogi ne pouvait utiliser aucun pouvoir, car son mental était tranquille. Puis, par un mot, Poonjaji lui transmit la Connaissance. L’homme se prosterna à ses pieds et voulut le suivre et le servir partout où il irait. Mais Poonjaji voyageait toujours seul et voulait le rester.

À la fin des années soixante, de nombreux chercheurs découvrirent Poonjaji dans sa grotte au bord du Gange. Ils s’absentaient de leur ashram pour rester près de lui. Beaucoup de chercheurs l’invitèrent à venir enseigner dans leurs différents pays. Il voyagea à travers l’Europe, les États-Unis, l’Australie et l’Amérique du Sud. Partout où il allait, il refusait la création d’ashrams à son nom : « L’univers entier est mon ashram. » disait-il.

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