Marion Laval-Jeantet

Une exploratrice psychique au pays d’iboga

dans Nexus magazine

vendredi 15 mai 2015 par Claire Mercier

Une exploratrice psychique au pays d’iboga

L’artiste et chercheuse Marion Laval-Jeantet a fait de nombreux voyages à la rencontre de sorciers et chamans de la planète. Un jour, sa route a croisé celle d’iboga.

Marion Laval-Jeantet a été initiée deux fois, en 2001 et en 2004. Pour elle, le terme d’ « initiation » est inexact, car issue d’une lignée de chamans corses, elle se considère comme « prédisposée ». De fait, lors de ses deux expériences, son rapport au Bois s’est opéré de façon directe, quasi immédiate, à des dosages très faibles : « Dans les milieu de la sorcellerie africaine comme dans toutes les cultures chamaniques, explique Marion, il existe des gens déjà "ouverts". » Ce sont ces individus qui sont cooptés pour intégrer la filiation, le groupe, le corps de garde. Et les exigences sont d’un niveau très élevé : « On donne une année de sa vie au service du groupe. »

Epreuves et sacrifices

Dans l’ouvrage qu’elle a consacré au sujet, Paroles d’un enfant du Bwiti. Les enseignements d’iboga, Marion nous fait découvrir l’iboga en tant que plante de pouvoir enthéogène (qui engendre Dieu) dans le cadre du culte gabonais du Bwiti. Un culte multi-séculaire hypercodifié. Ainsi, lorsque l’on se présente comme candidat à l’initiation devant un père initiateur ou une mère initiatrice, on fait la rencontre d’une lignée, d’une filiation qui, au fil du temps, a entretenu au prix de véritables sacrifices individuels une connaissance rare et précieuse au psychisme humain et de son intercation avec une plante aux propriétés exceptionnelles. L’initiation, précise Marion, est un itinéraire long et pénible non seulement pour les membres du corps de garde, qui doivent passer par toutes sortes d’épreuves personnelles pour valider leur appartenance au groupe, mais aussi pour l’initiable, qui va réaliser un voyage qui n’est pas sans péril : « Se laisser ouvrir par la plante, c’est s’ouvrir à un monde où les premiers seuils sont toxiques, il y a là énormément d’entités de bas niveau énergétique qui "zonent" et sont susceptibles de transformer l’expérience en un très mauvais moment ; il peut arriver que l’on ne se referme pas bien après avoir été totalement "ouvert" par les principes actifs des plantes. » L’accompagnement est donc fondamental. On ne peut pas faire un pas de l’autre côté sans protection, avertit Marion. C’est la fonction d’un nganga, pour s’en tenir à la sphère culturelle du Bwiti, d’accompagner et de protéger le banzi. Un nganga n’est jamais devin-guérisseur uniquement par volonté personnelle : son pouvoir découle de toutes sortes d’héritages familiaux, spirituels et culturels très enracinés. Cet héritage est un poids pour le chaman, mais il est aussi la source même de sa capacité à accompagner et à guérir grâce aux contacts qu’il aura su établir avec des entités supérieures.

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