Nouveauté : un roman initiatique !

L’Appel de l’Atlante

de Amsha, un initié

jeudi 13 mai 2004 par Claire Mercier

Un jeune homme a été appelé par un cousin plus âgé ; il sert de secrétaire lors de réunions aussi secrètes qu’étranges. Des représentants des grandes religions de la planète et d’Ordres secrets se rencontrent régulièrement. Ces dignitaires se retrouvent dans des lieux légués par des Atlantes il y a dix mille ans.

 

Assis dans son lit, la tête appuyée contre un oreiller ajouté au traversin, Christophe repensait à son dernier rêve, si intense qu'il pouvait se demander s'il s'agissait d'un rêve ou d'un voyage intemporel. Il repassait chaque moment du rêve tout en se laissant aller à une douce somnolence.

Christophe avait toujours joui d'une mémoire qu'il avait été forcé de cacher durant ses études ; enfant, il avait dû subir des brimades et appris ce que signifiait la jalousie. Il pouvait retenir le contenu d'un livre entier, page par page, après une seule lecture, et ne rien oublier pendant plusieurs mois. Ses notes étaient si brillantes que les prix d'excellence s'étaient multipliés.

Il était allé en Histoire, et pensait se spécialiser dans l'Histoire ancienne. Il avait appris l'anglais, l'italien, l'espagnol, le grec et le latin, et se promettait d'ajouter l'hébreu et le sanskrit.

Ses parents lui avaient offert une belle voiture pour ses vingt-et-un ans et il sauta du lit en y pensant : pourquoi ne pas aller voir les lieux du rêve ?

Il se souvenait de l'itinéraire. En moins de deux heures, en conduisant sans le moindre excés de vitesse, il pourrait être là-bas. Ce serait dans les premiers contreforts du Massif Central, dans l'héraut, et il faudrait laisser la voiture pour faire à pied le dernier kilomètre.

Le temps était au beau fixe, la canicule n'avait pas encore écrasé la nature sous la chape de plomb fondu ; il aurait le temps d'arriver vers onze heures et le voyage serait assez agréable.

Christophe se contenta de dire à ses parents qu'il allait essayer sa jolie voiture et qu'il reviendrait après les chaleurs de l'après-midi.

Souriant de joie, le jeune homme traversait villes et villages vus en rêve ; il reconnaissait, plutôt surpris, les paysages, les routes, les rues, les maisons, jusqu'aux bouchons de circulation ; tout avait été prévu.

-    Un grand rêve prémonitoire, pensa-t-il ; alors, la suite serait vraie elle aussi ?

C'était maintenant le moment décisif.

Christophe ferma les portières d'une pression sur le porte-clé, regarda machinalement sa montre (il était onze heures cinq), vérifia qu'il était absolument seul et se dirigea vers la montagne.

Cigales, parfums échauffés, ruisseaux à sec, tout était conforme. Alors, la porte secrète ?

Le mur de pierres séches pour retenir terre et rochers c'était donc là mais la porte n'y était pas. Dans le rêve, Christophe savait que ce mur pouvait s'ouvrir, mais il s'était réveillé alors que ses mains ttaient les pierres chaudes.

Christophe testa les pierres l'une après l'autre, grimpant comme il le pouvait, glissant souvent, s'accrochant à des aspérités

Il s'assit devant le mur de pierres inégales et tenta de rêver. Il eut aussitôt l'impression de s'endormir. Un grand calme descendit en lui et le jeune homme se laissa tomber doucement sur un rocher abrité du soleil ; l'ombre d'un chêne le protégeait de la brûlure et la petite brise qui traversait le bosquet tout proche le berçait amicalement.

Le rêve se poursuivit soudain. Le mur s'ouvrait ou, plus précisément, une porte se dessina, comme si les pierres s'étaient dématérialisées. Un tunnel s'ouvrait mais une force empéchait Christophe d'avancer. Un homme de trente ans apparut et salua en souriant. C'était le cousin de son père, celui que l'enfant Christophe appelait jadis  tonton Ignace  ; cet  oncle  avait, à cette époque, la quarantaine bien sonnée même si on lui donnait à peine trente ans. Il aurait donc dû avoir plus de cinquante ans maintenant.

- Chris, déclara l'homme vétu d'un costume sombre, cravate noire et chemise blanche, je t'ai écrit et tu sauras. Ces lieux sont sacrés et secrets. Nul ne peut s'en approcher sans mandat, et nul ne peut ouvrir le sas sans raison. Rentre chez toi maintenant. Ta mission commence. Nous avons besoin de toi.

L'homme sourit, salua de la main, disparut comme un fantôme et le mur se referma.

Christophe sursauta, ouvrit les yeux brusquement et regarda la paroi : rien n'avait changé ; il jeta un coup d'oeil sur sa montre et rapprocha son poignet pour s'assurer d'avoir bien vu : il était seize heures vingt. Incrédule, Christophe chercha l'heure solaire en utilisant ses pas et l'ombre de son corps. Il était un peu plus de quatorze heures. L'heure légale était donc bien celle que la montre à quartz indiquait.

La faim lui fit regretter l'oubli des provisions restées dans la voiture.

Comment expliquer cette distorsion dans le temps ? Christophe avait vécu quelques minutes et plus de cinq heures s'étaient écoulées. Existerait-il des univers parallèles régis par des temps différents ?

Durant le voyage du retour, Christophe repensa à son oncle Ignace. Dans la famille, on se moquait de ce prénom désuet, mais Ignace gardait son calme : saint Ignace avait laissé des réalisations considérables. L'oncle s'était occupé de l'enfant Christophe à qui il faisait réciter des textes difficiles pour  renforcer sa mémoire  il variait les expériences, utilisant des jeux de cartes entiers, tarots ou cartes conventionnelles, des images complexes, des séries de mots ou de nombres, et tout ce qui se présentait.

Un jour, l'oncle avait déclaré qu'il voyagerait. Il avait disparu depuis onze ans. La famille avait reçu des lettres superficielles et anecdotiques de l'Inde, de tous les pays d'Europe et d'Amérique. On soupirait : le pauvre Ignace dilapidait son héritage en promenades inutiles.

En rentrant chez lui, Christophe trouva son courrier, que sa mère avait déposé sur son bureau, comme elle le faisait chaque fois que son fils était absent. Il écarta toutes les enveloppes et les feuillets publicitaires, pour trouver la lettre de son oncle.

C'était la dernière. Il vit l'adresse (dans l'Héraut) et déchira le haut de l'enveloppe, trop impatient pour chercher un coupe-papier, et sortit la courte missive.

 Mon cher Chris,

Si rien en toi n'a fait obstruction, tu recevras ma lettre APRES avoir vécu une expérience décisive. Je te téléphonerai bientôt, car je suis définitivement rentré en France depuis deux ans. J'ai besoin de toi, et le Grand oeuvre est commencé. Garde le secret absolu sur notre relation. Brûle cette lettre. Comme on a déjà vu l'enveloppe, tu te contenteras de la déchirer en menus morceaux. J'attendrai que tu sois seul chez toi pour t'appeler. Nous comptons tous sur ton silence et ta disponibilité.

L'oncle qu'on croit égaré,

Ignace.

P.S : Mon prénom profane a tout de même un sens. Cherche-le et tu verras que ma mère avait bien reçu mon message en me portant. 

 

Christophe appuya sur le bureau sa main crispée, qui tenait encore la lettre, et réfléchit.

Le hasard ne pouvait être invoqué. L'oncle Ignace était donc plus qu'un voyageur dilettante ; c'était  un noble voyageur  ou un Maitre secret.

Le jeune homme se leva, regarda la cheminée de marbre, prit la boîte d'allumettes prévues pour allumer une bougie en cas de panne d'électricité, et enflamma la lettre. Il déchira l'enveloppe et jeta les morceaux dans la corbeille à papiers.

Il alla se changer dans sa chambre. Il se regarda dans le grand miroir : il se trouvait quelconque. Grand, svelte, cheveux et yeux bruns, sans aucun signe particulier. L'oncle allait-il le reconnaitre après tant d'années ? Et lui, allait-il reconnaitre cet homme sans doute usé par tant de voyages et de repas bien peu conformes aux principes de la saine diététique ?

Le téléphone sonna. Christophe pensa aussitôt que ses parents étaient chez des amis et que son coeur battit violemment et il manqua d'air.

-        Allé ? fit Christophe debout.

-        Bonjour, Chris.

La voix de l'oncle Ignace, inchangée

-        Bonjour euh

-        Je comprends, Chris, tu ne peux plus m'appeler  tonton à, c'est tellement ridicule. Appelle-moi Ignace, tout simplement. As-tu réfléchi ?

-        Je Réfléchi ? à quoi ?

-        Es-tu prêt ?

-        Mais à quoi ?

-        à te joindre à nous.

-        Mais Ignace ! Je ne sais rien de   vous à.

-        Tu as vu, tu sais l'essentiel. Assieds-toi et écoute-moi bien.

Ignace savait-il que son petit cousin était debout ? Christophe s'assit sur le bord du lit.

-        Chris, tu sais que la survie de l'humanité n'est pas garantie ?

-        Oui, et qu'on appelle cette conception du catastrophisme, et les tenants de cette philosophie, des alarmistes.

-        Bien, bien, très bien. Tu as appris tes leçons. Je te donne donc rendez-vous demain devant le mur de pierres. Tu y seras à dix heures. Personne ne devra être au courant. Je serai seul, comme toi.

-        Comment te reconnaitrai-je ?

-        Ne t'inquiète pas pour ça ; je n'ai pas changé.

-        Et comment me reconnaitras-tu ? J'ai beaucoup changé, moi.

Ignace éclata de rire.

-        Mon petit ; je saurai que tu arrives alors que tu seras encore à quelques kilomètres dans ta voiture ! Tiens, regarde devant toi, sans te lever. Une armoire ancienne, des sculptures représentant des grappes de raisin. Le miroir est en trois parties, et il est biseauté Le tapis est visible, de ta place, dans le miroir. Un fond bleu sombre, un camaieu de bleus des dessins géométriques, harmonieux tu ne portes rien sur toi en cet instant parce qu'il fait encore trop chaud et que l'air ne circule pas. Alors, quand tu arriveras, je te reconnaitrai, puisque je te vois maintenant Allé ? Tu es toujours là ?

-        Euh oui.

-        Alors, dis-moi quelque chose !

-        J'essaie d'assimiler.

Ignace rit encore.

-        Il faudra t'y faire. Tu vas rencontrer des gens bien spéciaux. Tous viennent de loin, de très loin dans le passé, comme toi et moi.

-        Tu veux dire que

-        Eh ! oui, la réincarnation. Tu connais ?

-        J'ai lu bien des opinions contradictoires.

-        Balivernes Ce qui compte, c'est le fait, l'expérience. Tu as entendu parler des Atlantes ?

-        Bien sûr ! Un mythe de Platon qui euh

-        Ne me récite pas les litanies officielles. Des Atlantes se sont retrouvés, dans cette vie-ci, pour reprendre leur Travail sacré. Nous sommes sur un radeau et la tempête fait rage.

-        Comment pourrai-je croire sensé

-        Sans voir ? Un nouveau saint Thomas C'est très bien, d'ailleurs. Personnellement, je ne crois en rien, parce que croire, c'est ignorer ; croire, c'est irrationnel ; je sais ou je ne sais pas, mais je ne crois pas. Tu verras, tu sauras. à demain. Bonne nuit, mon Frère.

-        Bonne nuit Ignace.

Christophe resta un moment immobile, l'appareil collé contre son oreille. Il reprit brusquement conscience et raccrocha. Il réfléchit encore longtemps. Il se souvenait de chaque mot, des silences, des inflexions de la voix. Il tentait de lire dans les petites fentes, ces interstices qui léveraient peut-être un coin du voile.

Il s'éveilla au milieu de la nuit et resta une heure entière à tourner dans son lit, ressassant la conversation du soir.

Il faillit se réveiller en retard. Il déjeuna et partit rapidement.

Sur l'autoroute, il s'aperçut de son oubli : il n'avait pas préparé de collation. Il haussa les épaules : on ne meurt pas pour un repas oublié, et on trouverait bien un restaurant sur la route.

Il reconnut les villages, les carrefours giratoires, les panneaux publicitaires, les champs, les clôtures, et il regardait sans cesse l'horloge du tableau de bord. Un bouchon le retarda et il accéléra dés que la route fut libre.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

Enfin, les montagnes attendues. Le coeur battant, il ferma la voiture et regarda autour de lui : il était seul, et Ignace ne l'attendait pas. Il partit d'un pas rapide vers le mur de pierres. Ahuri, interdit, il ne trouva pas le mur qu'il aurait dû découvrir. Le rocher était inégal, vierge de toute intervention humaine.

Christophe regarda attentivement : il reconnut le rocher où il s'était assoupi, les herbes qu'il avait piétinées, les cailloux qu'il avait heurtés du pied. C'était bien l'endroit attendu. Aurait-il révé tout cela ?

Une force douce mais impérieuse s'accrocha à son dos et le fit osciller avant de le faire tourner vers la droite. Sur le sentier, souriant, toujours le même, âgé de trente ans, Ignace, l'oncle préféré, en short et en chemise ouverte, qui semblait s'amuser.

-    Tonton !s'écriaChristopheIgnace !

Ignace s'avança vers Christophe qui n'osait bouger.

-    Alors, mon Frère, on est surpris ?

-    Je

-    Embrassons-nous comme lorsque tu étais enfant.

Le silence tomba et les deux promeneurs solitaires marchèrent sur le sentier en regardant la végétation qui descendait en pente raide. Les idées se bousculaient dans la tête du plus jeune. Ignace sourit enfin et dit :

-    évidemment, tu t'attendais à voir un vieux débris, mais les Atlantes ne vieillissent que s'ils l'acceptenté Non, non, tu n'as pas révé hier. Les pierres alignées sont là pour marquer l'entrée, mais seul peut les voir celui qui est agrée. Je me suis seulement amusé à voiler ta nature atlante pour que joue le mécanisme protecteur. Tourne-toi maintenant et vois

Christophe ouvrit la bouche sans pouvoir parler : le mur était là, comme hier.

 

 

L’auteur : Amsha est un nom de pouvoir reçu lors de l’initiation aux mystères majeurs. Un initiateur a reçu jadis pour son disciple ce nom qui se lit ou s’épelle aussi bien à en atlante , qu’en sanskrit, qu’en hébreu. L’ouvrage : L’Appel de l’Atlante
Editions L’Originel, 25 rue Saulnier, 75009- Paris

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