Nouveauté

Le Yoga du soleil

par Charles Antoni

vendredi 15 juillet 2005 par Claire Mercier

Suivant la tradition, l’homme devrait atteindre son plein épanouissement physique, mental et psychique, sa pleine maturité, vers l’âge de cinquante à soixante ans. Cette période de cinquante à soixante années correspondrait au Printemps de la vie.
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Le Yoga du soleil

Yoga vient de la racine sanscrite : yug qui signifie : joindre, tenir lié, mettre sous le joug.

Nous voyons que l’accent est mis sur l’effort pour l’homme de chercher à se rassembler, à s’unifier, prendre conscience de ses automatismes, de sa dispersion et de constater sa non-liberté.

Il s’agit pour lui, tout d’abord, de réintégrer une conscience individuelle, libre de toutes données extérieures, ce qui l’amène par un effort ardent et sévère à la fusion la conscience individuelle avec la conscience cosmique. Union de l’homme à l’univers. L’homme étant devenu microcosme suit la même loi que le macrocosme.

Le mot hatha-yoga ne signifie pas autre chose que l’union de " Ha " qui est l’énergie lunaire et de " Tha " qui est l’énergie solaire. Union des deux courants positif et négatif : du Soleil (surya) et de la Lune (chandra). Le but du hatha-yoga est de rendre le corps exempt d’impuretés, sans résistances ; c’est en quelque sorte le à diviniser, lui donner ce " Corps Glorieux " dont parlent les mystiques.

A quel âge peut-on commencer à pratiquer ? Nous devons tout de suite répondre que l’âge n’a aucune espèce d’importance. Il est possible pour un jeune enfant de dix ans de commencer à pratiquer avec l’aide d’un professeur compétent, le laissant libre, à travers la pratique du yoga, de manifester ses possibilités latentes et le préparant ainsi à affronter la vie dans le chemin que le destin lui a attribué.

La découverte du yoga pour les personnes qui dépassent la cinquantaine est une opportunité car elle leur permettra un certain rajeunissement physique, et les aidera à retrouver un équilibre mental et psychique que la dure lutte pour l’existence a parfois maltraité. Ils n’attendront plus, comme c’est souvent le cas, la décrépitude dans une sorte de fatalisme, mais peut-être s’apercevront-ils que la " vie " n’a pas d’âge.

Que toute personne, de tout âge, sache qu’il n’existe pas un yoga établi, avec une armature de coffre-fort. Non, le yoga s’adresse à l’homme, à chaque homme séparément, suivant son tempérament, son physique, etc. ; disons qu’il y a autant de yoga qu’il y a d’individus. Ici, la seule règle qui ait cours est l’art d’adapter suivant les possibilités de chacun. Toujours suivant la tradition, l’homme devrait atteindre son plein épanouissement physique, mental et psychique, sa pleine maturité vers l’âge de cinquante - soixante ans. Cette période de cinquante - soixante années correspondrait au Printemps de la vie.

SHAVASANA, la Posture du corps mort

Voilà quelque chose de terrible de prime abord, mai s nous nous apercevons rapidement que cette posture du mort n’est pas aussi effrayante que le mot le laisse entendre. Mourir signifie, ici, mourir à toutes ses tensions et agitations physiques et mentales, ce qui nous permettra de renaître, en quelque sorte, à notre état vrai et à toutes nos disponibilités naturelles.

Technique :

S’étendre sur le dos, sur une surface plane, les yeux fermés, les bras posés sur le sol le long du corps mais suffisamment écartés de celui-ci, les paumes des mains tournées vers le ciel. Les jambes sont allongées et les pieds séparés de quinze à vingt centimètres. La tête doit rester droite.

 Rien ne doit entraver la circulation du sang ni faire pression sur aucun des organes du corps. Aussi, défaites votre ceinture, enlevez vos chaussures, votre montre ainsi que vos lunettes. Une fois bien installé dans la posture, devenez conscient de la masse et de la totalité de votre corps sur le sol et essayez de vous abandonner. Ensuite, commencez à régulariser le souffle, très léger. Après quelques instants, en faisant un effort mental, essayez de détendre tous les muscles de votre corps. Pour cela vous allez suivre la progression que nous allons vous indiquer :

Membres inférieurs :

Sentez la présence de vos pieds, vos orteils, vos talons, et essayez de les relâcher jusqu’à ce que vous ne sentiez plus aucune tension dans les pieds. Ensuite, sentez la présence de vos mollets et faites-les très mous, puis détendez vos genoux, vos cuisses. Prenez conscience de vos fesses : elles sont très molles ; sentez-les s’enfoncer dans le sol.

Tronc :

Relâchez bien le ventre, sentez bien votre dos s’enfoncer dans le sol ; relaxez bien votre poitrine, sentez-la s’aplanir.

Membres supérieurs :

Sentez la présence de vos bras, sentez-les inertes, abandonnés. Relaxez bien les mains, les avant-bras, les coudes, les bras, les épaules.

Tête :

Essayez de détendre le cou, ainsi que l’intérieur de la gorge. Pour ce faire, il suffit de relever la pointe de la langue vers le palais et de la retourner légèrement en arrière. Aussitôt que cette partie vous semble relâchée, laissez la langue revenir doucement dans sa position naturelle. Ensuite, laissez tomber le menton. Décontractez les commissures des lèvres, desserrez les dents, détendez les joues. Sentez la présence de vos yeux, des globes oculaires, sentez vos paupières posées sur vos yeux, et relâchez bien. Défroncez les sourcils, déplissez le front, sentez votre front très lisse. Décontractez le cuir chevelu, puis la nuque. Prenez conscience de votre crâne, sentez-le complètement relaxé et sentez l’état d’immobilité et de sérénité de tout votre visage et laissez-vous aller profondément. Constatez combien votre souffle est devenu tranquille, régulier et presque inexistant. Prenez conscience de toute la masse de votre corps, sentez sa profonde décontraction, sentez qu’il est devenu lourd, qu’il est bien. Laissez-vous bien aller. La complète relaxation atteinte, vous ne pensez plus à rien. Vous n’avez plus tout à fait conscience d’être vous-même, et cependant vous ne dormez pas. Si vous vous endormez cela n’est pas grave : c’est que tout simplement vous en aviez besoin.

Effets et bénéfices

Shavasana peut être pratiqué pendant plusieurs minutes, chaque fois que vous vous sentez fatigué, manquant d’énergie. Vous trouverez dans cet exercice le repos total, ce qui vous permettra de réparer les pertes de l’organisme. Le cerveau étant complètement décontracté, le sang y circulera librement ce qui aura pour effet de faire disparaître toute migraine. Il est dit que dix minutes de relaxation totale équivalent à plusieurs heures de sommeil. Commencez toujours votre séance de postures (asanas) par Shavasana.

La respiration yogique

Se mettre en posture de Shavasana (posture du corps mort).

Technique

La respiration se divise en trois phases : 1) abdominale 2) costale 3) claviculaire.

Essayez de vous relâcher au maximum puis chassez complètement l’air de vos poumons.

Premier stade. Inspirer profondément par le nez en essayant mentalement de sentir l’air pénétrer dans la partie abdominale de votre corps ce qui aura pour effet de bomber légèrement le ventre, mais surtout il est conseillé de ne pas le dilater.

Deuxième stade.  Sentez la progression de l’air, il pénètre maintenant dans la partie médiane du thorax, ce qui aura pour effet d’écarter les côtes inférieures.

Troisième stade. L’air pénètre ensuite dans la partie supèrieure des poumons, ce qui aura pour effet de soulever les clavicules. Dans ce troisième stade, l’abdomen est légèrement rentré et tenu ferme, servant de support aux poumons. Ensuite, le processus se poursuit en expiration toujours par le nez, dans le même ordre que l’inspiration. Contractez doucement l’abdomen, puis pressez les basses côtes et abaissez les clavicules. Faire ainsi graduellement, sans effort et lentement. Pratiquez cette respiration pendant deux à cinq minutes le premier jour, puis augmenter chaque jour jusqu’à ce que vous puissiez le pratiquer pendant quinze minutes. Au bout d’un certain de pratique, le mouvement doit devenir continu. Ne pas pratiquer après les repas.

Un effet salutaire

 

Commencez toujours par rejeter l’air avant d’inspirer, car les poumons sont remplis d’air impur (air résiduel) car nous n’expirons pas complètement. L’expiration doit servir de centre de gravité.

La respiration complète, faite lentement et profondément, vous remplira de dynamisme et amènera une très grande vitalité. En effet, nous emmagasinons une très grande quantité d’énergie que nous mettons en réserve. Le bon fonctionnement des poumons nous immunise contre les rhumes et les bronchites qui sont souvent causés par une mauvaise respiration. La respiration complète pratiquée journellement nous immunise également contre la tuberculose qui est souvent due à une vitalité devenue très faible et un manque d’oxygénation.

Le processus respiratoire implique un mouvement du diaphragme qui provoque un massage très bénéfique des organes internes : ceci a un effet excellent sur le système digestif, le foie et l’estomac. A également un effet salutaire sur le système nerveux.

Pratiquez quotidiennement la respiration complète jusqu’à ce que le processus vous soit devenu naturel ; pratiquez-la chaque fois que vous y pensez : en marchant, à votre travail, en toute occasion. Quand vous vous sentirez déprimé, abattu, découragé, pratiquez-la, elle vous aidera à retrouver votre dynamisme.

 

Respirez par le nez

 

Pendant tout acte respiratoire, l’on doit inspirer et expirer par le nez, en gardant la bouche fermée, mais sans contraction. (Il n’y aura d’exception que dans certains exercices spéciaux de prénéyéma.)

Respirer par le nez est un gage de santé, car nous savons que les cornets sont équipés de tout un système défensif permettant de protéger le corps contre de nombreuses impuretés de toute sorte ; de plus, de nombreuses fibres nerveuses sont situées en cet endroit ce qui a pour effet, lorsque nous respirons, d’influencer le cerveau.

Du point de vue yogique, le nez est le principal organe d’absorption du préna (énergie subtile)..

 

La respiration pendant les asanas

 

Pendant le maintien d’une posture, ayez une respiration lente et profonde en équilibrant la durée de l’inspiration et de l’expiration, ce qui produira, au bout d’un certain temps de pratique un léger bruit, comme une sorte de ronflement, provoqué par une légère contraction de la glotte (ujjayi).à chaque fois.

Tenir toujours la sangle abdominale contrôlée.

Au début de la prise d’une posture, la respiration se fait le plus naturellement possible, puis laissez-la s’approfondir graduellement. A ce moment-là, à chaque fin d’expiration, la sangle abdominale se contracte (sans exagération), ce qui chassera au maximum l’air vicié tout en permettant à l’inspiration de pénétrer plus profondément.

 

Parution en septembre aux éditions L’Originel-Antoni Le Yoga du soleil, de Charles Antoni Le Yoga du soleil

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