Art et chamanisme : les rituels Bwiti au Gabon

Marion Laval-Jeantet au Palais de Tokyo

Groupe Art Orienté Objet

mardi 31 octobre 2006 par Claire Mercier

Palais de Tokyo à Paris Vendredi 1er décembre à 14H30

Présentation de sa Thèse : "De l’immersion à la vision, expérience ethnographique et révélation poétique" dont le sujet est la création dans le cadre de l’initiation chamanique.

Marion Laval-Jeantet est psychothérapeute, artiste plasticienne et écrivain. Détentrice de diplômes du troisième cycle en Sciences de l’Art, en Ethnologie et en Psychologie clinique, elle poursuit parallèlement depuis plusieurs années des recherches en esthétique et en ethnopsychiatrie, en particulier sur le domaine africain. Elle est membre du duo artistique Art Orienté objet, enseigne à l’Université Paris 1 et à l’Université Paris 8, et donne des consultations de psychothérapie. Adresse e-mail : aoo@free.fr

Une exposition de son groupe Art Orienté objet est actuellement présentée à la galerie Incognito à Paris.

Marion Laval-Jeantet de AOo : La petite fille aux amulettes

"On pourrait dire que l’art sert, pour ceux qui le rêvent, à arrêter de dormir, voire à essayer de réveiller les autres, et que pour cela les artifices susceptibles d’être utilisés sont innombrables et on pourrait dire aussi : Marion Laval-Jeantet se promène entre plusieurs disciplines qui vont de l’expression artistique à l’ethnopsychiatrie et on pourrait dire aussi : Marion Laval Jeantet et le groupe Art Orienté objet entremêlent différents plans d’existence et au sein de cette réunion fabriquent des choses et capturent des animaux magiques dans l’astral qui se propulsent ensuite à travers des circuits transparents, et des entités-souvenirs s’incarnent dans des nounours qui sont des mamans-singes et d’ailleurs tout cela s’est peut-être joué dans d’autres temps et ce que nous en percevons dans ce qui nous semble aujourd’hui et maintenant n’est peut-être que l’émanation d’un songe tissé par un couple de prêtres à la peau bleue endormis sous des pyramides, à des années-lumière de notre espace-temps, avec lequel Marion et son groupe sont encore reliés."

 Vincent Ravalec 2002.

Eugénie Diecky (Africa Né1 ) : Marion Laval-Jeantet, qu’est-ce qui vous a poussée à en savoir davantage sur les religions africaines ?

MLJ : Au départ je m’intéressais aux religions africaines parce que dans la culture corse dont je suis l’héritière, il y a tout un travail sur les objets, les prières, les paroles jetées, les exorcismes etc... qui ressemble énormément à certains systèmes, notamment ceux de sorcellerie forestière, qu’on retrouve au centre de l’Afrique. Globalement j’étais intéressée de retourner aux sources, or ce sont des sources qui chez nous en Corse disparaissent vite parce que seuls quelques vieux les détiennent aujourd’hui et ils les transmettent très peu. Je suis allée vers l’Afrique parce que c’est un moyen de recommuniquer même avec son propre invisible. J’avais vu dans un reportage un chaman inuit, un sorcier du nord du Canada, qui allait au Pérou pour essayer de retrouver la communication avec l’invisible dans une autre plante qui était l’ayawachka, parce que le chaman qui devait le lui apprendre était mort et il n’avait pas d’autre moyen autour de lui. Je pense qu’il peut y avoir une grande solidarité de la communication avec l’invisible qui permette que tout ce qui a perduré à travers les âges ne soit pas perdu sachant qu’aujourd’hui c’est quelque chose qui a une grande valeur au niveau de la conscience. Je pense que si on avait davantage conscience de la présence de ce monde invisible, il y aurait certainement moins de corruption, ou moins d’erreurs faites ici-bas.

Interview croisée Marion Laval-Jeantet Olympe Bhély-Quànum, Réalisée par Africa N°1.


Paroles d’un enfant du Bwiti, Les enseignements d’Iboga, Ed. L’Originel 

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Paroles d’un enfant
du Bwiti

" Voilà la réalité, nous dit Tatayo, le Bwiti permet de toucher la Lumière, et la Lumière est un trésor qui n’est pas transmissible en lui-même, car l’expérience de chacun dans le Bwiti est unique. Donc forcément, c’est un secret. Tout ce qu’on réalise en mangeant le Bois est sacré, la Lumière qui entre en soi est intraduisible par les mots ; on pourrait peut-être la traduire par un chant, une danse, un poème ou même un clin d’œil une œuvre artistique. œuvre qui en Afrique n’a pas ce statut, mais est créée, tout simplement. "

Présentation de l’éditeur :

é Ce livre est un document rare, fruit des entretiens de l’auteur, initiée trois ans auparavant à des savoirs traditionnels africains essentiels, et de Tatayo, homme d’expérience qui a construit sa vie dans leur respect. Il permet pour la première fois de percevoir l’expérience vécue à laquelle se livrent les initiés au culte gabonais du Bwiti, souvent assimilé à un chamanisme, à travers l’absorption de l’iboga. " Du Bwiti, on peut dire qu’il s’agit surtout d’un ensemble de sociétés secrètes religieuses, qui se sont formées autour d’une trame commune héritée du monde pygmée, dans laquelle l’iboga, plante sacrée et révélatrice, joue un rôle central en donnant accès aux visions censées élargir les capacités de la conscience. Dans le culte de Bwiti, l’iboga est conçu comme enthéogène (en-théo-géne), ce qu’on peut traduire par qui engendre Dieu ou l’Esprit à l’intérieur de soi. "

 


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