Association française d’anti-aging

Les défis de la médecine anti-âge

Dr Claude Dalle

jeudi 12 juillet 2007 par Claire Mercier

Voulez-vous garder un corps jeune, sain et vigoureux tout en prenant de l’âge ? Vieillir, cela nous arrive à tous, et, à ma grande surprise, à moi aussi ! Comme chacun de nous je me suis demandé, vers la quarantaine, ce qu’allaient être ces prochaines années, avec une petite angoisse : " Par où allait commencer la dégradation : les lunettes ? Le genou gauche ? La mémoire (j’y tiens !) ? La vie professionnelle ? " La peau, bien sûr, la silhouette, certainement. En fait, que voulons-nous ? Où allons-nous ?

"Les défis de la médecine anti-âge", par Claude Dalle.

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Dr Claude Dalle

Le vieillissement est un processus complexe, multifactoriel. Plusieurs théories de la sénéscence coexistent et elles sont toutes complémentaires ; nos cellules somatiques disparaîtront totalement. Seules nos cellules germinales sont immortelles.

Citons parmi ces théories, celles qui touchent nos gènes : 80% de notre génome est composé de rétrovirus endogènes , qui codent encore et nous fragilisent Selon la théorie des mutations génétiques, nos gènes sont altérés par de nombreux facteurs, (oxydation,UV, virus, bactéries) ; la réparation se faisant de moins en moins bien.

Selon une autre théorie, celle du vieillissement programmé, des " bouts de chromosomes " appelés téloméres disparaissent à chaque division cellulaire. Nous pourrons peut-être bientôt recréer ces télomères et probablement rapprocher nos cellules de l’immortalité ! Rappelons également la théorie de la diminution de nos capacités immunologiques (le thymus a perdu 80% de sa masse à 70 ans).

Chacun sait les méfaits de la production de radicaux libres qui oxydent notre corps à chaque repas, à chaque exercice physique intensif pour ne prendre que ces deux exemples. La production de radicaux libres engendre le stress oxydatif, processus majeur du vieillissement, par altération de nos protéines, altération de notre génome, dont la majeure partie est faite de régulation. Deux grands systèmes oxydatifs agissent : l’un qui nous est imposé par notre environnement. Par exemple, pollution atmosphérique, pesticides et insecticides peuvent entraîner un stress oxydant ; l’autre qui provient de notre organisme, puisque les systèmes de défense cellulaire fabriquent des radicaux libres pour détruire des virus ou des bactéries. Pour éviter que le stress oxydatif l’emporte nous disposons de deux moyens de défense, avec des antioxydants enzymatiques (péroxydases,catalase,oxydase) et non-enzymatiques (vitamines C, E, caroténoïdes, composés phénoliques).

Mais quand commence cette dégradation ? Probablement dès 25 ans, pour la majorité des êtres humains ; 25 ans est notre summum !

Dans la sénescence, nous constatons tous une diminution de la masse maigre, au profit d’une augmentation de la masse grasse, une diminution de l’eau corporelle, une diminution de la force musculaire. Le niveau des auto-anticorps augmente considérablement et cette dysimmunité touche de nombreuses glandes endocrines. La sénescence se caractèrise par une désadaptation fonctionnelle progressive. La réaction de l’individu, de l’organe, de la cellule est inadaptée. La compensation n’est plus efficace. Ceci entraîne un déficit des équilibres internes.

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Le guide pratique de la
médecine anti-âge

Un bon exemple est la réaction au stress. En vieillissant, la sécrétion de cortisol - l’hormone du stress, est plus longue et plus forte, inadaptée dans son amplitude. Elle est aussi plus catabolisante, c’est-à-dire qu’elle détruit les tissus.

Et ainsi une des grandes caractéristiques du vieillissement est que la sécrétion des hormones catabolisantes (avec en tête le cortisol) diminue beaucoup moins que celle des hormones anabolisantes (hormone de croissance, testostérone estrogénesé) : il en résulte un déséquilibre. Le différentiel entre les deux types d’hormones se creuse progressivement. On peut dire que l’on se consume de cet hypercorticisme latent. Il en découle immunosuppression, hyperglycémie, hyperlipidémie, ostéoporose...

Mais nous appartenons à l’une des premières générations de l’humanité capable de prendre en charge efficacement le vieillissement. Nous pouvons agir réellement sur ses composantes, tant physiques (par notre apparence externe et le fonctionnement interne de nos organes) que mentales et psychiques. C’est le but de la médecine anti-âge.

Notre temps est au centre d’une phase-clé pour la santé. Si nos confrères esthéticiens ont fait avancer la qualité de notre apparence extérieure, il nous est possible d’augmenter notre bien-être en jouant sur nos équilibres internes. Nous y gagnons pour nous-mêmes, notre environnement familial, notre environnement de travail.

La médecine anti-âge est au centre des préoccupations de la médecine car elle est non seulement curative mais surtout préventive. Elle détecte nos désordres dès leur début, alors que la médecine traditionnelle traite les pathologies quand elles sont installées. Quand nos carences n’ont pas encore de traduction clinique, elles ont en revanche déjà un impact sur notre métabolisme et une trace humorale qui peut être repérée ; c’est à ce signal débutant que la médecine anti-âge s’intéresse. Nous devons traiter tous nos patients pour qu’ils conservent le maximum de leurs facultés.

Une autre particularité de la médecine anti-âge, c’est la prise en charge du patient par lui-même. Il est actif au sens plein du terme. Il est attentif à lui-même et veut prendre en charge son futur, corriger sa sénéscence.

La médecine anti-âge doit son essor il y a une dizaine d’années à quelques pionniers en Europe (Thierry Hertogheé) et aux Etats-Unis (Ronald Klatzé). Face à l’allongement de la durée de vie devenu inexorable et rapide (on gagne en moyenne chaque année 3 mois d’espérance de vie !), avec l’aide aussi des progrès fantastiques de la médecine et des connaissances (qui doublent tous les deux ans et demi) il devenait nécessaire et indispensable de coordonner les actions possibles sur le vieillissement.

Et finalement ce défi posé à l’humanité n’est plus seulement celui de la durée de vie mais surtout celui de la qualité de ces années gagnées sur le temps. Si l’hygiène de vie nous a fait gagner 10 ans et les antibiotiques environ 10 ans aussi, l’usage du remplacement hormonal peut nous donner encore une grande dizaine d’années à elle seule.

En attendant la prochaine révolution, celle de la thérapie génique.

Claude Dalle


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